Retour de mission en République du Congo

AEDH coordonne depuis janvier 2016 la mise en œuvre du projet MANDAT (Mobiliser et Animer les efforts de la société civile dans la lutte contre la Détention Arbitraire et la Torture en République du Congo) en collaboration avec l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) et avec le soutien de l’Union européenne.

Notre chargé de développement, Guilhem Papelard, nous raconte sa mission au Congo du 8 au 18 juin 2016.


Comment cette mission s’est-elle déroulée ?

Cette mission est la première réalisée dans le cadre du projet MANDAT. Elle était donc essentiellement consacrée à la coordination du projet et au suivi des activités réalisées par l’OCDH. Cette mission a également permis de rencontrer trois associations bénéficiaires de subventions à des tiers, d’organiser des séances de travail avec d’autres organisations engagées dans la défense des droits de l’Homme, ainsi qu’avec des représentants de la Délégation de l’Union européenne, de l’Ambassade de France et de l’Ambassade des Etats Unis au Congo.

Quelles ont été les avancées réalisées avec notre partenaire local l’OCDH ?

Plusieurs réunions de travail se sont tenues avec l’équipe de l’OCDH. Le plan d’action se déroule conformément aux prévisions et plusieurs activités ont été réalisées ou engagées, telles que :

  • La préparation des formations pour l’OCDH sur la gestion financière et la formation au plaidoyer
  • La rédaction d'un document de contribution pour la définition de la torture dans la réforme du Code pénal et du Code de procédure pénale
  • La formation des journalistes et des médias à Brazzaville
  • La diffusion d’émissions radio
  • La publication d’un journal semestriel
  • Le monitoring mensuel des lieux de détention (17 cas de détention arbitraire et 5 cas de torture identifiés au premier trimestre)
  • La prise en charge au premier trimestre de 2 cas d’assistance médicale et de 3 cas d’assistance judiciaire 

Pouvez-vous nous présenterles organisations bénéficiaires de subventions à des tiers accordées par le projet MANDAT ?

Trois organisations ont pour le moment été sélectionnées par l’OCDH et AEDH :

L’ADPPA : l’Association pour le Développement et la Promotion des Peuples Autochtones, qui s’est fortement impliquée dans la préparation du projet de loi en faveur des peuples autochtones, à l’occasion de laquelle elle a facilité la consultation des communautés pygmées. ADPPA conduira un monitoring des exactions et détentions arbitraire à l’encontre des peuples autochtones dans la zone de Sibiti.

L’Aumônerie de la maison d’arrêt de Brazzaville : le projet consiste à apporter un soutien psychologique aux détenus vulnérables de la prison d’arrêt de Brazzaville. Une quinzaine de détenus seront accompagnés tous les mois dans le bureau du directeur de la réinsertion sociale du ministère de la justice et des droits humains. Outre le directeur, elle réunira l’aumônier, le médecin de la maison d’arrêt et deux psychologues.

Psys d’Afrique : l’association a été créée dans une période de post conflit. Initialement concentrées dans le Pool, ses activités de prise en charge des traumatisés se sont progressivement étendues au Nord du pays et à Brazzaville, où elle s’occupe également de victimes de violences sexuelles. Psys d’Afrique s’appuiera sur deux centres d’écoute pour visiter les maisons d’arrêt, proposer un soutien psychologique à certains détenus et leur apporter un conseil juridique en lien avec des parajuristes.

Quelles difficultés ont pu être identifiées ?

La situation politique tendue du pays depuis l’élection présidentielle contestée de mars 2016 a entrainé le durcissement des autorités par rapport aux voix discordantes émanant de la société civile. Les principales difficultés rencontrées portent sur l’accès pour l’OCDH à la Maison d’arrêt de Brazzaville, soumis au bon vouloir des autorités, et aux pressions exercées par les autorités sur l’OCDH (convocation du directeur par la Direction de renseignements généraux, convocation par le Conseil supérieur de la liberté de communication).

Quel est le bilan de cette mission ?

Cette mission a rempli ses objectifs. La rencontre entre AEDH et l’OCDH a permis de renforcer le cadre d’échange et d’avancer sur la préparation de certaines activités (renforcement de capacités, développement d’un site Internet) qui nécessitaient une concertation directe. Elle a également permis de rencontrer les premiers bénéficiaires de subventions à des tiers et de préciser avec eux les modalités de collaboration tripartite entre leurs organisations, AEDH et OCDH. Les rencontres avec plusieurs organisations de la société civile et des représentations diplomatiques ont également renforcé la compréhension du contexte politique et la nécessité pour les partenaires de renforcer la vigilance pour la suite du projet.

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