Diana CASTILLO - Colombie : nouveaux défis

 

Diana Castillo

Le partenariat de notre organisation avec l’association colombienne FEDES (Fundación Educación y Desarrollo) est ancien : le premier soutien financier apporté à FEDES remonte à presque 20 ans ! Récemment, nous avons eu le plaisir de recevoir à Lyon Diana Castillo, Directrice de FEDES. Elle nous fait part de sa vision sur les enjeux actuels de la défense des droits de l’Homme en Colombie.

Pensez-vous que la situation en Colombie soit en train d’évoluer au plan social et politique ?  

Diana Castillo : La situation colombienne est en train de changer, c’est un fait. Un bon nombre des problématiques mises en avant par les mouvements sociaux et les ONG a été pris en compte dans les plans de développement local et les politiques nationales. Cela a abouti à mettre en place des politiques publiques issues de cette approche. Cela n’a pas toujours donné les résultats que nous souhaitions mais nous sommes maintenant dans un processus de dialogue. Les actions de défense des droits humains ne sont plus stigmatisées par l’Etat comme dans le passé, il existe des consultations et des échanges. Cela ne veut pas dire que les violations des droits de l’Homme ont disparu en Colombie. Elles perdurent et il faut continuer à se mobiliser. Mais on doit tenir compte du fait qu’il existe de nouvelles possibilités d’influer tant sur la société colombienne qu’au niveau du gouvernement.

Quels sont à votre avis les principales difficultés auxquelles sont confrontés les défenseurs des droits de l’Homme en Colombie aujourd’hui ?

DC : Etre défenseur ou défenseure des droits de l’Homme est un travail risqué dans les pays où la démocratie n’est pas encore réellement ancrée. Mais sans l’engagement des défenseurs, la démocratie ne peut se renforcer et profiter à l’ensemble de la population. Le dilemme est de continuer un travail de défense pour que, chaque jour, plus de gens aient accès aux droits et, dans le même temps, exposer sa vie et celle de ses proches. Heureusement, il y a de plus en plus de défenseurs qui interviennent dans les processus sociaux et politiques et ils sont moins isolés. Malgré les progrès, il faut poursuivre le combat pour la reconnaissance des actions des défenseurs des droits de l’Homme, de façon à ce que leur engagement soit considéré comme une posture légitime dans une société démocratique et ouverte.  

Quels sont les projets que FEDES souhaite particulièrement mettre en œuvre en 2013 ??

DC : Historiquement, FEDES s’est toujours tenue aux côtés des populations les plus touchées par les conflits sociaux, politiques et armés. Nous avons mis en place des projets pour renforcer les communautés et les accompagner dans les actions qu’elles entreprennent. Dans cette optique, FEDES suit actuellement de près les activités des multinationales minières dans différentes régions du pays. C’est un sujet essentiel parce que la mise en œuvre de ces grands projets miniers est à la base de la politique économique du gouvernement. Nous avons participé à divers forums régionaux et pris contact avec des communautés qui ne bénéficient aucunement de l’énorme richesse générée par ces exploitations minières. Les préjudices que ces communautés subissent sont multiples : menaces pour qu’elles abandonnent leur territoire, atteintes à leur qualité de vie en raison de la pollution de l’environnement, des ressources hydrauliques et du peu de terres qu'il leur reste, graves dégâts causés à la santé…

C’est pourquoi FEDES veut travailler cette année à deux niveaux : d’une part renforcer des communautés sur leur propre territoire pour qu’elles puissent faire face à toutes ces menaces et, d’autre part, poursuivre une stratégie d’alliances avec d’autres organisations pour peser sur le débat politique. Il s’agit de développer des actions au niveau local et régional où la priorité est donnée à la vie des personnes et au respect de la nature et non aux gains produits par les exploitations minières. Nous sommes déjà en train d’obtenir de petits succès. Nous espérons que ces succès parviendront à constituer des exemples pour qu’en Colombie - et dans d’autres pays - on réalise que l’appât du gain ne doit pas prévaloir sur la protection de la vie.

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