John Edmundson, président d'AEDH, tire sa révérence

 John

Lors de l'Assemblée Générale du 8 juin dernier, John Edmundson a fait part de sa démission du poste de président d'Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme. Il revient sur son expérience à la tête de l'organisation.

AEDH : Dans la lettre trimestrielle de décembre 2012, vous indiquiez vouloir « trouver un équilibre entre plusieurs nécessités : renouveler le fonctionnement, continuer à travailler avec ceux qui défendent les droits de l’Homme sur le terrain, faire d’AEDH une association assurée de perdurer ». Quel bilan tirez-vous aujourd'hui ?

Ma réponse est mitigée. Bien sûr, nous avons continué à travailler avec celles et ceux qui défendent les droits de l’Homme sur le terrain : c’est notre raison d’être. Cette année, nous avons pu collaborer avec 59 associations en Amérique Latine, Afrique centrale, Asie du Sud Est et au Proche-Orient. En faisant ce travail, nous nous sommes concentrés sur un accompagnement  technique et un soutien financier.

Ce changement reflète non seulement la politique d’AEDH mais répond aussi aux besoins de nos partenaires sur le terrain ainsi qu'aux exigences de nos bailleurs. Nous avons également travaillé à un meilleur fonctionnement en interne avec une approche collégiale et consultative : essentielle pour une petite équipe. Ces changements sont en cours. 

Allons-nous perdurer ? Certainement, d'autant plus qu’avec cette année, la première depuis longtemps où nous réalisons un bilan positif, nous avons amélioré notre situation financière et donc notre vision pour le futur immédiat. Mais ne nous faisons pas d’illusions : la recherche de fonds est un travail de longue haleine, de construction de réseaux, de relations de confiance.  Ces 4 dernières années, nous avons établi de nombreux partenariats financiers, qu'il nous faut pérenniser.

AEDH : Quels ont été les temps forts de votre mandat, vos principales satisfactions ?

Les temps forts restent toujours les missions sur le terrain. En 2014, lors d'une visite au Sud Kivu (RDC), la rencontre avec des défenseurs disposant d'un local très sommaire m'a bouleversée. Le courage et l'espoir infaillible de ces femmes et de ces hommes qui risquent leur vie au quotidien pour un futur meilleur, suscitent mon admiration la plus sincère. Nous sommes dans ces pays pour des visites de courte durée, bien vite de retour chez nous. Ces personnes ne connaissent que les menaces, la brutalité et la mort.  

À Lyon, Bruxelles et Londres, j’ai eu le privilège de travailler avec beaucoup de personnes qui partagent cet espoir de rendre la vie plus juste.  Les collègues deviennent des amis et cela n'a pas de prix. Enfin, à chaque fois que nous avons réussi à obtenir des fonds pour un projet, la satisfaction était grande car cela assurait à la fois une continuité pour AEDH et valorisait également le travail de l’équipe.

AEDH : L'association a connu une période de transition durant votre mandat. Quels sont, d'après vous, les nouveaux enjeux pour l’organisation ?

Les enjeux majeurs concernent la taille de l’équipe et la concentration géographique. Une organisation ne peut être statique. La dynamique engagée demande un nouvel essor ! Avec quatre salariés, nous avons réussi à engager de nombreux projets mais nous devons avoir les moyens de garantir leur mise en oeuvre et leur succès. Dans la stratégie 2017-2020, nous avons besoin d'élargir notre équipe, à 7 salariés au moins.  

Par ailleurs, nos zones d'intervention sont ciblées. En effet, il nous serait impossible d'intervenir efficacement sur tous les continents. Nous devons décider où concentrer nos efforts, peut-être en renforcant notre travail en Amérique Latine, une région où nous étions mieux établis auparavant.  L’Afrique centrale est notre "spécialité". Faut-il l’élargir vers l’Est, le Nord ? 

Concernant les droits, nous avons tranché : les droits défendus seront ceux qui nous semblent, pour nous et nos partenaires, les plus menacés dans le contexte local. 

AEDH : Votre mandat de président touche à sa fin, comment envisagez-vous la poursuite de votre engagement au sein d’AEDH ?

Je l'imagine davantage comme j’ai commencé : en tant que traducteur et visiteur occasionnel sur le terrain, si ma santé me le permet. AEDH m’inspire depuis bientôt 15 ans : c’est une association que je continuerai de soutenir.

 

 

 

 

 

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