Vicar BATUNDI HANGI : défendre les droits des Pygmées en RDC

 

Vicar Batundi Hangi

Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme se préoccupe de la situation des populations pygmées en RDC depuis près de 10 ans. Depuis novembre 2014, AEDH coordonne le projet APPEL (Accompagner l’accès aux droits des Peuples Pygmées et Encourager une réforme de la Loi foncière). Dans le cadre du projet DECLIK (Développer et Conforter les Initiatives des défenseurs des droits de l’Homme dans les Kivu), notre organisation a également apporté un soutien à FDAPID-Hope for Indigenous People, une association de défense des droits des Pygmées Bambuti (NB : les Pygmées présents dans le Nord Kivu). Les projets APPEL et DECLIK bénéficient d’un soutien de l’Union Européenne.

Vicar Batundi Hangi est coordinateur du FDAPID.

Quelle est la mission de votre association ?

Le FDAPID (Foyer de Développement pour l’Autopromotion des Pygmées et Indigènes Défavorisés) s’oppose à la discrimination perpétrée à l’encontre des Peuples Autochtones Pygmées.

L’organisation s’implique sur des questions foncières en effectuant des médiations lors de conflits liés à la terre ou en sensibilisant les différentes communautés sur la loi foncière en RDC. En parallèle, le FDAPID veille à former des représentants des communautés pygmées sur les principes démocratiques, le processus électoral, les droits des populations autochtones, les techniques de plaidoyer et de lobbying ainsi que les techniques agropastorales dans le cadre de la sécurité alimentaire.

Quelle est la situation des droits des Pygmées en Nord Kivu ?

Les droits des populations autochtones Pygmées sont loin d’être respectés dans la Province. Les exactions dont elles sont victimes se traduisent notamment par une discrimination, des arrestations arbitraires, des violences sexuelles, l’accaparement de leurs terres et autres ressources naturelles,…

La RDC ne dispose pas encore d’une loi spécifique pour la protection et la promotion des droits des populations autochtones Pygmées, bien que l’Etat congolais ait ratifié plusieurs instruments juridiques internationaux comme la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones ou la Convention Internationale pour l’Elimination de toutes les Formes de Discrimination Raciale.

Comment s’est traduit le partenariat entre le FDAPID et AEDH ?

Le FDAPID a bénéficié du mécanisme de « subvention en cascades » mis en œuvre par le projet DECLIK. Notre proposition « zéro menace contre les défenseurs des droits des populations autochtones au Nord Kivu » visait à mobiliser de nouveaux volontaires prêts à défendre les droits des Pygmées dans les territoires de Masisi, Walikale, Rutshuru ainsi que dans la ville de Goma en insistant sur la nécessité pour ces défenseurs d’être vigilants pour leur propre sécurité ; les défenseurs des droits des Pygmées étant confrontés à des menaces, intimidations, arrestations arbitraires…

Grâce à l’appui d’AEDH, nous avons pu former 12 défenseurs aux enjeux des droits fondamentaux, à la protection-sécurité et aux méthodes de suivi des violations de droits. Ces 12 personnes ont pu être dotées de téléphones afin de faciliter la communication et le partage d’information avec le FDAPID. Nous avons également organisé au sein des communautés locales des séances de sensibilisation aux droits auxquelles ont participé 150 personnes.

Quelles répercussions avez-vous pu observer ?

Le soutien du projet DECLIK a permis au FDAPID de renforcer sa présence auprès des populations locales. Les défenseurs formés recensent et documentent les exactions commises non seulement contre les Pygmées mais également contre les populations bantoues. Ce travail d’enquête est ensuite transmis à la coordination du FDAPID qui peut alors conduire des actions de plaidoyer ou proposer une assistance juridique aux victimes. D’autre part, les formations et les sensibilisations portent leurs fruits. Des leaders Pygmées Bambuti sont plus aptes à participer aux discussions et des changements de comportements sont observés envers les Pygmées.

Comment voyez-vous l’avenir pour les Pygmées au Nord Kivu ?

Le respect des droits des populations autochtones Pygmées dans le Nord Kivu demeure préoccupant. De nombreux indicateurs sont encore dans le rouge. Pourtant les membres de FDAPID rêvent d’un avenir meilleur pour les Pygmées Bambuti, dans lequel ils ne seraient pas spoliés de leurs terres, marginalisés, discriminés. Nous rêvons d’une province dans laquelle les populations autochtones pygmées pourront jouir pleinement de leurs droits - en termes d’accès à la justice, de recours aux services sociaux de base, d’exploitation des ressources naturelles, de participation à la vie politique et économique – au même titre que les autres citoyens congolais.

 

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