Torture, détention arbitraire : la nécessaire action du CLDH

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Le Liban, troisième pays le plus endetté au monde, traverse une crise économique, politique et sociale. La dette publique s’élevant à 150% du PIB et le taux record de chômage atteignant 46% de la population sont facteurs de nombreuses inégalités au sein de la population libanaise. De par sa situation géographique, le pays du cèdre subit les tumultes de la région du Moyen-Orient. Fortement impacté par les conflits israélo-palestinien et syrien, il a accueilli près de 1,5 million de réfugiés, représentant un quart de sa population.

N’étant pas partie à la Convention de Genève de 1951, le Liban ne fait que tolérer les réfugiés présents sur son territoire. Ceux–ci ne bénéficient pas d’un réel statut juridique. Lorsqu’ils se retrouvent en confrontation avec la loi, ils ne bénéficient pas de garanties juridiques telles que l’octroi d’un avocat ou d’un interprète. Ils sont incarcérés de façon arbitraire et sont régulièrement soumis à la torture.

C’est dans ce contexte qu’intervient le Centre Libanais pour les Droits Humains (CLDH), partenaire d’AEDH depuis de nombreuses années. Combattant l’usage de la torture et des détentions arbitraires, son projet phare a pour objectif d’améliorer l’accès au droit pour les personnes vulnérables se trouvant dans les centres de détentions. En 2017, le CLDH a assisté juridiquement 647 personnes dont 238 réfugiés syriens, un nombre en  augmentation sur l’année 2018. 67% d’entre eux, victimes de torture, ont pu bénéficier d’une aide psychologique au sein d’un centre dédié créé par l’association, le centre Nassim. Le CLDH fournit ainsi une prise en charge individualisée et personnalisée aux victimes.

Son action semble suppléer aux manquements étatiques. En 2016, le Comité contre la Torture faisait déjà état de ses préoccupations face à la pratique de la torture (y compris sur les enfants)  par les forces de l’ordre. Le Comité invitait l’Etat libanais à mettre en place un système qui permettrait de faire respecter les garanties juridiques nécessaires à la tenue d’un procès équitable, et à ne recourir à la détention envers les réfugiés et demandeurs d’asile qu’en dernier recours.
En dépit de ces recommandations, la situation a peu évolué sur le plan national. Malgré la loi anti-torture de 2017 les mauvais traitements perdurent et le gouvernement libanais encourage, les réfugiés syriens à rentrer chez eux dans un pays en ruine, vers un avenir  incertain.                  


Cyrielle Tabouillot

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