Face aux derniers évènements qui endeuillent la société colombienne…

 Logo projet Vamos por la Paz

AEDH est membre du Réseau France Colombie Solidarités (RFCS) aux côté d’une dizaine d’autres ONG françaises. Dans le cadre du RFCS, un projet de coopération a été mis en place en partenariat avec une douzaine d’associations colombiennes pour soutenir les initiatives de construction de la paix dans le pays : le projet « Vamos por la paz » (Ensemble pour la paix). La seconde Assemblée générale du projet a eu lieu en Colombie début décembre. A l’issue de cette assemblée, les organisations françaises et colombiennes impliquées dans le projet ont publié un communiquées pour faire part de leurs inquiétudes face aux violences que continuent de subir les acteurs de la société civile colombienne et particulièrement les communautés autochtones.

« Nous, les organisations colombiennes et françaises faisant partie du projet « Vamos por la paz » (Ensemble pour la paix), manifestons notre inquiétude face aux actes de violence et aux assassinats dont les leaders autochtones et leurs communautés sont la cible dans différents départements de la Colombie.

Au cours de la première semaine de décembre, la mort a cruellement frappé les peuples autochtones qui ont perdu deux leaders Awa dans le département de Nariño, dont Héctor Ramiro Garcí, le fondateur de l’organisation indigène UNIPA, et dans le département du Cauca avec l’assassinat d’Edwin Dagua Ipi, le gouverneur du Cabildo de Huellas. Ces morts s’ajoutent à l’assassinat de 14 indigènes dans le nord du Cauca. Cette année, le peuple Awa a perdu 36 de ses membres de manière violente.

Tout ceci a lieu face à l’inertie du Gouvernement national et des forces militaires qui ne réagissent pas avec l’efficacité requise face à ces assassinats. Cela constitue un manquement à leur devoir constitutionnel fondamental de protection des citoyens et citoyennes (Article 2 de la Constitution). La Fiscalía General de la Nación (NB : équivalent du Parquet Général) continue d’instruire trop peu de cas face à l’ampleur de la tragédie et ne prend pas en compte la responsabilité des auteurs intellectuels des faits dans certaines affaires élucidées.

Nous appelons toutes les instances représentatives de la société colombienne, les autorités religieuses et académiques et les organisations de la société civile, à unir leurs voix et leurs demandes pour exiger que le Gouvernement et les autres autorités colombiennes agissent vite et efficacement pour arrêter ceux qui font des communautés autochtones et des organisations sociales la cible de leur action meurtrière.

La négligence dans la défense de la vie rend les autorités complices des assassinats. Le respect dû aux institutions a pour contrepartie le fait qu’elles doivent être les garantes de la vie des citoyens et des citoyennes. La Cour Constitutionnelle colombienne l’a affirmé : « sur le plan politique […], il est incontestable que le respect, la garantie et la promotion des droits constitutionnels fondamentaux constituent la base de la légitimité du pouvoir de l’Etat et la justification du respect et de l’obéissance dus par les citoyens à l’autorité publique » (Cour Constitutionnelle, arrêt C-587 de 1992). Par conséquent, l’inertie et la passivité, à tous les niveaux du pouvoir, atteignent la légitimité de l’Etat colombien, tout en renforçant le désordre public.

C’est pourquoi, nous demandons :

  • au Gouvernement colombien de mettre en place tous les moyens dont il dispose pour stopper cette vague d’assassinats ;
  • à la Fiscalía General de la Nación, des résultats dans les enquêtes à la hauteur de l’ampleur du problème ;
  • à la Police nationale, d’agir concrètement pour assurer la prévention des risques et la protection des communautés et des leaders sociaux afin qu’ils puissent se prévaloir de leurs droits et libertés (article 218 de la Constitution colombienne) ;
  • à la Procuraduría General de la Nación, des résultats dans les enquêtes sur les fonctionnaires publics responsables de la protection des défenseur-e-s des droits humains.

 

Projet « Vamos por la paz – Ensemble pour la paix »

Bogota, le 14 décembre 2018

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn