Cameroun : migrants expulsés et abandonnés dans la ville frontalière de Kye-Ossi

LT214 Cameroun

Dans le Sud du Cameroun, à la frontière avec le Gabon et la Guinée Equatoriale, la ville de Kye-Ossi est devenue une ville d’accueil et de transit des migrants expulsés du Gabon et de la Guinée Equatoriale ou bloqués à la frontière mais déterminés à rejoindre l’un de ces deux pays.

Le Gabon et, plus encore aujourd’hui, la Guinée Equatoriale attirent des migrants en provenance d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale en raison de leurs richesses pétrolières et forestières, et de leur dynamisme économique. Or, ces deux pays ont une politique d’immigration très restrictive, y compris à l’égard des ressortissants de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) auxquels ils refusent l’application du principe de libre circulation des personnes, principe pourtant entré en vigueur depuis le 1er janvier 2014.

Le Gabon et la Guinée Equatoriale pratiquent des arrestations abusives et des refoulements massifs, accompagnés d’actes de torture et d’extorsions de fonds. Les autorités camerounaises sont attentistes et les réseaux de corruption se développent aux postes de contrôle routier. La plupart des migrants, refoulés et sans argent, se trouvent contraints de rester dans la petite ville de Kye-Ossi. Ils vivent dans des maisons de fortune, sans accès aux conditions d’hygiène élémentaires ni aux services de santé. Mal vus par la population, ils sont rejetés et contraints à la précarité.

Grâce au soutien financier d’AEDH, l’ONG Un Monde Avenir va poursuivre son engagement en faveur des droits des migrants. L’organisation qui concentrait son travail sur une aide humanitaire et des actions ponctuelles de plaidoyer en direction des autorités camerounaises va désormais adopter une stratégie plus ambitieuse : Un Monde Avenir va renforcer ses actions de plaidoyer en travaillant avec l’ensemble des autorités publiques frontalières et des acteurs associatifs concernés, y compris au Gabon et en Guinée Equatoriale.

Le résultat attendu de ces dialogues est la conclusion d’un engagement des autorités aux frontières pour favoriser la libre circulation des migrants et la mise en place d’un comité de suivi de cet engagement. Le projet entend par ailleurs s’attaquer au problème grandissant de xénophobie de la population riveraine par la formation des leaders locaux et la sensibilisation de la population, et ainsi amorcer un changement de comportement à l’égard des migrants.


Joël Phalip
Chargé de projets

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