"Religion, Business et droits de l'Homme" : développer la compréhension du phénomène religieux

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Le 6 septembre, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme, partenaire d’AEDH depuis de longues années, a organisé au Parlement européen une conférence sur le thème « Religion, Business et droits de l’Homme » qui a provoqué un vif intérêt.

Le Vietnam et l’Union européenne sont en passe de signer un accord de libre-échange dont l’impact sur les droits de l’Homme n’est la priorité ni de la Commission Européenne ni celle du Vietnam. Celui-ci intensifie sans cesse la répression contre la société civile, jusqu’à l’absurde. Cet été des blogueurs et défenseurs des droits de l’Homme ont été lourdement condamnés - jusqu’à 10 ans de prison - ou arrêtés sous prétexte de « subversion ».

Lorsque l’on confronte libéralisation économique et droits de l’Homme, vient tout de suite à l’esprit l’image de la grosse société qui viole les droits des ouvriers ou pollue l’environnement. Toutefois, l’attitude de certaines grandes entreprises, qui, à la suite des violences de Charlottesville, se sont désolidarisées d’une administration Trump complaisante à l’égard des suprémacistes blancs, peut montrer un autre visage du « Business », où les entreprises promeuvent les droits de l’Homme.

Telle était l’approche de la conférence « Religion, Business et Droits de l’Homme » organisée par le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l’Homme et EPRID (European Platform on Religious Intolerance and Discrimination) au Parlement Européen, à Bruxelles, le 6 septembre 2017. Accueillie par le député européen Ramon Tremosa i Balcells (Groupe ALDE), cet événement a rassemblé un large éventail d’intervenants : l’Envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion et de conviction en dehors de l’UE Ján Figel, Mme Merete Bilde du Service Européen pour l’Action Extérieure, le Président de la Fondation Liberté Religieuse & Business (USA) Brian Grim, le Pr Michael Wakelin de l’Université de Cambridge, M. Amarjit Singh, Partenaire chez Ernst & Young (Royaume-Uni) et la Vice-Présidente du Comité Vietnam Penelope Faulkner.

La liberté religieuse est cruciale dans un monde de plus en plus religieux (selon le Pew Research Center, 84 % de la population mondiale a une affiliation religieuse).

Or, la question de la discrimination religieuse dans les entreprises est un domaine neuf et encore négligé. Dans l’Occident séculier et postmoderne, l’on a oublié ce qu’est vivre sa foi. En conséquence de quoi on ignore ou rejette souvent les croyants, quand on ne les soupçonne pas de fanatisme. Cette incompréhension est fâcheuse dans les relations avec des cultures où la religion ne joue pas le même rôle qu’en Occident. Au Vietnam, par exemple, la religion est une manière de vivre et de s’engager, et le Bouddhisme vietnamien un véritable mouvement pour la justice sociale et, aujourd’hui, les droits de l’Homme et la démocratie.

Contrairement à une idée reçue, les entreprises ont intérêt à se préoccuper de liberté religieuse. S’ils se sentent acceptés dans leur pleine diversité (y compris religieuse), les employés seront plus productifs et loyaux, et les consommateurs plus enclins à choisir les entreprises les plus respectueuses de leurs croyances. Encore faut-il qu’elles aient une politique réfléchie sur la religion et une compréhension du fait religieux. Il ne s’agit nullement ici de propager la foi mais bien d’intégrer au mieux des gens de religions différentes. Il est donc essentiel de développer une véritable connaissance du fait religieux et une ouverture d’esprit. Pour ce faire, favoriser un dialogue entre les entreprises et la société civile est crucial. C’est ce à quoi visait la Conférence organisée le 6 septembre dernier.

Vo Tran Nhat (Comité Vietnam pour la défense des Droits de l'Homme)

 

 

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