Projet DEFI : Partage d’expériences réussi sur la défense des droits des détenus en Afrique centrale

 

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Dans le cadre du projet DEFI, un échange d’expériences sur la défense des droits des détenus s'est tenu à Douala, au Cameroun du 26 au 31 janvier 2017. Neuf personnes y ont participé et réprésenté leurs organisations respectives : la Ligue des Droits et Libertés - LDL (Cameroun), Women’s Counseling Information Centre - WCIC (Cameroun) et La Voix des Oubliés - LVO (Gabon). Cette rencontre s’inscrit dans un cycle de quatre échanges d’expériences organisé par AEDH afin de développer les bonnes pratiques et renforcer les capacités des organisations en Afrique centrale.  

Ce premier échange d'expériences a permis d'aborder les questions de fonds liées à la défense des droits des détenus au Cameroun et au Gabon (situation des prisons, droit en vigueur, profil des publics vulnérables, stratégies d’action, relations avec l’administration pénitentiaire) ainsi que des enjeux plus généraux tels que la communication, la recherche de financement et les obstacles de développement des organisations.  

Yveline Ntanfa, directrice du WCIC, déclare avoir retenu que : « les longues détentions provisoires et les mauvaises conditions de vie des détenus étaient des problèmes communs au Cameroun et au Gabon ». L’assistance judiciaire gratuite pour les personnes démunies, bien que régie par le code de procédure pénale, pose problème dans ces deux pays. Les prisons sont majoritairement peuplées de personnes en attente de jugement, les délais légaux de détention sont très fréquemment ignorés, et certaines personnes peuvent rester emprisonnées pendant plusieurs années.  

Chaque organisation a également fait part de ses stratégies d’action en faveur des détenus démunis. A titre d’exemple, LDL a expliqué comment identifier les prisonniers les plus vulnérables et a détaillé son procédé de collecte des données sur l’état des procédures. LVO a partagé son guide de vulgarisation des droits des détenus et sensibilisé sur la nécessité d’apporter différents types d'aide tels que la fourniture de kits d’hygiène. A l’issue de l’échange, plusieurs participants se déclarent prêts à mettre en place les bonnes pratiques identifiées. 

Pour Augustin Ntchamande de LDL, « l’assistance juridique et judiciaire  pourrait être complétée par un volet humanitaire ». Solange Yenou de LVO indique vouloir « revoir les méthodes d’assistance aux détenus en procédant à une sélection des prisonniers à prendre en charge, et mener une sensibilisation de proximité auprès des populations, à l’exemple des cliniques juridiques de LDL ». 

Au final, les intervenants ont fait part de leur satisfaction suite à la rencontre et se disent intéressés par la création d’un groupe Whatsapp[1] afin de garder le contact et partager des informations. Laure Yenou de LVO nous a confié que : « l’objectif pour moi était que l’on s’inspire des expériences des autres pour construire une ONG plus structurée, organisée et pérenne. La rencontre a très bien répondu à mes attentes. Il faut dire que j’ai beaucoup appris des autres organisations, en particulier de LDL ». Quant à WCIC et LDL, ils envisagent un projet commun sur l’assistance judiciaire et l’amélioration des conditions de détention dans les prisons camerounaises. 

Deux autres échanges auront lieu en mars : l'un sera dédié à la lutte contre les violences sexuelles et l'autre sera consacré à la lutte contre l’homophobie.   

Joël Phalip

[1] Application de messagerie instantanée

 

 

 

 

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