Bilan du projet DECLIK

Conférence finale du projet DECLIK à Goma en octobre 2015Initié en novembre 2012, le projet DECLIK (Développer et Conforter les Initiatives des Défenseurs des droits de l’Homme dans les Kivu) a pris fin en octobre 2015. Ce projet, mené en partenariat avec cinq organisations congolaises (Arche d’Alliance, ASADHO Beni, PAIF, SOPROP et UCPDHO), a bénéficié du soutien de l’Union européenne, de la Fondation NED et de l’Ambassade de France en République Démocratique du Congo.

L’Est de la RDC est en proie depuis près de vingt ans à une instabilité chronique, dont les principales victimes sont les populations civiles confrontées à d’importants problèmes sécuritaires. Assassinats, viols, arrestations et détentions arbitraires ou extorsions y sont perpétrés dans un climat de quasi impunité aussi bien par des civils, par des membres de groupes armés que par certains représentants des forces armées régulières (FARDC), de la Police nationale ou des autorités. Dans un tel contexte, les défenseurs congolais des droits de l’Homme jouent un rôle essentiel – malgré les menaces et intimidations subies – de dénonciation des violations des droits humains, d’assistance aux victimes et de lutte contre l’impunité.

Conscient de la nécessité impérieuse de soutenir les efforts de la société civile en faveur de l’établissement de l’Etat de droit, le projet DECLIK poursuivait plusieurs objectifs. Il s’agissait de renforcer les compétences des défenseurs des droits humains ; de mobiliser et former de nouveaux défenseurs ; d’encourager le travail en réseau entre organisations de la société civile ; de soutenir les actions de plaidoyer, de fournir assistance aux victimes et protection aux défenseurs menacés.

Plusieurs activités ont été mises en œuvre. Des formations en gestion financière, techniques de plaidoyer et protection-sécurité ont été organisées à l’attention des organisations partenaires. Celles-ciont elles-mêmes sensibilisé des membres d’associations locales. Ces groupes plus ou moins formalisés ont pu assurer un recensement des exactions perpétrées sur leurs territoires et alerter lors de cas de violations graves. Dix visites d’échange ont permis une consolidation des collaborations entre associations partenaires. Un rapport publié à l’issue de deux missions d’enquête sur les conditions de détention dans les provinces du Nord et Sud Kivu a été valorisé lors d’une mission de plaidoyer en Europe. Onze associations locales émergentes ont obtenu un soutien financier pour la mise en œuvre d’actions locales à travers un mécanisme de subventions « en cascade ». Enfin, 92 victimes d’exaction ont bénéficié d’une assistance pour faciliter leurs démarches auprès de la justice.

En octobre 2015, une rencontre finale du projet s’est déroulée à Goma en présence des cinq partenaires et d’AEDH. L’ensemble des partenaires dresse un bilan positif de la collaboration avec AEDH. Malgré un contexte d’intervention difficile sur les plans politique, sécuritaire et militaire, et les nombreuses menaces pesant sur les défenseurs des droits humains, la plupart des objectifs du projet ont été atteints. Cette première impression est corroborée par une évaluation externe du projet réalisée par un cabinet indépendant qui a reconnu la pertinence de l’approche partenariale privilégiée par AEDH.

Encourageants à plusieurs titres, les résultats du projet DECLIK sont concrets. Les défenseurs des droits humains sont conscients des risques liés à leur sécurité et se sont appropriés des méthodes de protection. Un plus grand nombre de personnes s’implique efficacement dans la défense des droits de l’Homme et la mise en place de mécanismes de veille et d’alerte. Le travail en réseau ouvre de nouvelles perspectives de coopération entre organisations locales.

Bien que satisfaisants, ces résultats sont toutefois encore minimes au regard de l’ampleur des violations de droits commises dans les Kivu et de l’évolution inquiétante de la situation politique en RDC. A l’approche d’échéances électorales majeures (provinciales, législatives et présidentielle), les défenseurs des droits de l’Homme risquent toujours d’être stigmatisés et réprimés par les autorités.

 

 

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