Interview de Passy Mubalama, coordinatrice d'Aidprofen en République démocratique du Congo

ARTICLE li Passy Mubalama

 

Passy MUBALAMA est coordinatrice d’AidProfen, organisation à but non lucratif pour la défense des droits humains et la protection du droit des femmes et des enfants en République démocratique du Congo.

 

- « Les femmes se sous-estiment alors qu'elles peuvent contribuer au développement du pays. Il faut mettre en avant le leadership féminin ! » -

 

La région des Kivu à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a été touchée par un conflit entre plusieurs groupes armés jusqu’en 2013 et depuis, certains groupes armés sévissent toujours. Les femmes sont les premières concernées par ces actes de violence (viols, violences sexuelles, mutilations). AidProfen aide ainsi à la reconstruction post traumatique, soutient la participation des femmes à la vie politique locale et mène des actions de plaidoyer.                     

AEDH : Comment avez-vous connu AEDH et quels projets ont mené ensemble AEDH et Aid Profen ?

AEDH a été un de nos premiers partenaires et nous avons connu l’association grâce au réseau et à l’appel à projet DECLIK (2012 – 2015). Le projet avait pour mission de DÉvelopper et Conforter Les Initiatives des défenseurs des droits de l’Homme et des organisations de la société civile dans les Kivu.

Dans le cadre de ce projet, nous avons agi auprès des femmes et particulièrement des mères célibataires et de leurs filles : souvent, les femmes violées et les enfants issus de ces viols sont mis de côté par leurs communautés. Nous les avons informées sur leurs droits, accompagnées et aidées à se réinsérer dans la vie professionnelle, puis nous avons mené des campagnes de sensibilisation à la question des violences sexuelles. Nous avons également mené un projet de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur les sites miniers. Grâce aux résultats d’enquêtes menées sur les sites de Rubaya et Kitchanga, nous avons pu construire des plaidoyers.

Aujourd’hui, grâce à l’aide du projet DEFI (DÉvelopper et Favoriser les Initiatives des organisations de défense des droits de l’Homme en Afrique centrale), nous avons gagné en ressources humaines, en connaissances et en crédibilité. Notre enquête sur les sites miniers a aussi pu être menée plus largement.


AEDH : Comment être à la fois femme et défenseure des droits humains ?

La position de femme – et encore plus celle de défenseure dans un contexte instable en RDC nous plonge dans l’insécurité. Nous recevons constamment des intimidations. Ainsi, nous avons été formées par Protection International pour mieux saisir le contexte conflictuel et faire preuve de prudence.

Les femmes subissent souvent des violences et pourtant, elles ont un regard plus particulier sur les questions des droits humains et notamment en matière de violences sexuelles : le sujet les concerne directement et elles

peuvent donc mieux comprendre, cibler les besoins spécifiques des victimes.


AEDH : Pourriez-vous définir le rôle d’une défenseure des droits humains aujourd’hui en RDC ?

Etant donné le contexte en RDC, les violations des droits humains se perpétuent. Ainsi, le rôle d’une défenseure des droits humains est primordial.

Je suis née dans un contexte de conflit qui nous a donné un faible accès à l’éducation. Les discriminations liées au genre étaient également fortes et la violence banalisée. En conséquence, les femmes se sous-estiment alors qu’elles peuvent contribuer au développement du pays. Il faut mettre en avant le leadership féminin !

Quelques avancées ou petits changements ont eu lieu depuis que

je suis activiste. Par exemple, les femmes travaillent de plus en plus et osent prendre part à la vie économique locale. Mais les coutumes en RDC bloquent souvent les droits humains.
 

AEDH : Quelle est votre vision de la RDC pour l'avenir ?

J’aimerais que chacun jouisse pleinement de ses droits en tant que personne humaine. J’aimerais aussi que le partage des ressources soit plus efficace car la RDC est riche sur le plan des ressources mais de fortes inégalités sont présentes. Enfin, j’aimerais que la corruption disparaisse et que la mauvaise gouvernance cesse.


AEDH : Quel sera alors le rôle des hommes ?

Le rôle des hommes est – et sera  de s’impliquer dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Ils doivent accompagner ces femmes et se sentir concernés par cette situation. Il faut bousculer le modèle d’une société patriarcale car les hommes et les femmes peuvent tous deux contribuer au développement du pays. En mettant de côté les femmes, le pays perd de l’argent et des ressources.

 

Louise Negrello

Expostion photo : "Lutte contre les discriminations ici et ailleurs"

Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme a organisé un vernissage à l'institut Bioforce à Vénissieux le mardi 5 novembre 2019 en présence d'une trentaine de personnes.


En 2014, à l’occasion des 25 ans d’AEDH, l’association avait organisé un concours photo sur le thème “Lutte contre les discriminations ici et ailleurs”. Ce concours rassemble des photographies de 17 pays de divers continents.
Les photos du concours ont fait l’objet d’une exposition en décembre 2017 puis, elles ont de nouveau été rendues visibles en 2018 et en 2019.

Les photos de l’exposition sont visibles dans l’enceinte de l'institut Bioforce.


L’exposition va continuer d’être exposée à Lyon en 2020 dans différents lieux qui seront annoncés sur la page facebook d’AEDH.

Voici un petit aperçu de quelques photos de l’exposition :

 

Vinogradov

« Control » de Vinagrov  

Faure3

   « Tziganes, un bidonville aux portes de Paris » de Faure

 

Pour en voir plus, rendez-vous dans les prochains lieux de l’exposition !

 

 

Morgane Sourisseau

Projection-débat : Le Char et l'olivier, une autre histoire de la Palestine - 6 janvier 2020


« Le Char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine », sorti le 6 novembre 2019, est un documentaire réalisé par Roland Nurier. Ce documentaire retrace le conflit Israélo palestinien d’un point de vue rarement abordé, celui de la Palestine. Il permet donc un éclairage inédit et primordial dans la compréhension du conflit et de l’histoire de la Palestine. Ce documentaire permet ainsi au spectateur de mieux saisir les enjeux du conflit israelo-palestinien.


Depuis la création en 1947 d'un état juif au coeur de la Palestine, de multiples conflits ont éclaté entre Israël et la Palestine, transformant ce territoire en une véritable poudrière. Actuellement, les relations restent litigieuses entre les deux états.


A l’occasion de la sortie du film, plus de 60 projections-débat sont organisées en France.
Avec le collectif 69 et le cinéma le Zola, AEDH co-organise une projection débat du film « Le Char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine » le 6 janvier 2020.
Le film sera diffusé à 20h30 au Zola, à Villeurbanne en présence du réalisateur.

La soirée sera introduite par le réalisateur, M. Roland Nurier, par Tim Hughes, le président d'AEDH ainsi que par le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien. Après la diffusion, un temps de débat sous forme de questions-réponses en présence du réalisateur sera prévu.
Pour suivre l’actualité autour de cet événement, rendez-vous sur notre page Facebook

 

 

Affiche le Char et l'olivier VF

 

 

 

 

 

Morgane Sourisseau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Festival des Solidarités internationales 2019

 

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Le 16 Novembre dernier s’est déroulé le Festival des solidarités internationales à l'Hôtel de Ville de Lyon.
Ce festival organisé par la Maison des Solidarités et a pour but de mettre en valeur les associations de l’écosystème lyonnais qui oeuvrent chaque jour pour de nombreuses causes à l'échelle internationale.
Cette année, les visiteurs pouvaient se balader de place en place pour découvrir les différentes associations présentes ainsi que les animations organisées. Les associations étaient regroupées par places ou routes selon leur domaine d’activité : la santé, l’économie solidaire, l’éducation, le développement, les migrations, l’engagement...etc. Ainsi, les visiteurs pouvaient découvrir :


• la place des savoirs partagés,

• La place de la santé pour tous

• La place de l’économie solidaire

• La place de l’éducation pour tous

• La route des continents : le développement - facteur d’équilibre d’un monde en paix

• La route des continents : migrations - l’intégration est l’affaire de tous

• Le carrefour de l’engagement

• L’espace médias.

Au programme de cette édition 2019, des jeux, des ateliers ou encore des quiz mais aussi des moments d'échange avec les associations pour découvrir leurs activités et le monde associatif.

L’équipe d’AEDH à participé au festival : notre stand se situait sur la route des continents.
Ainsi, les visiteurs ont pu nous poser des questions sur l’association, sur nos actions, sur comment devenir bénévole…
Nous avons co-animé un jeu sous la forme d’un puzzle géant avec Electriciens Sans Frontière qui avait pour but de guider les visiteurs vers les associations le plus en lien avec leurs préoccupations, leurs volontés d’agir.


                                                                                                                                                                                                            

    Morgane Sourisseau